Gérard Renaud, gardien du temple Perrin depuis 51 ans !

Certains salariés sont si bien dans leur entreprise qu’ils ne sont pas pressés de voir arriver la retraite.

C’est le cas de Gérard Renaud, 67 printemps et toujours autant de passion pour son travail chez Perrin, à Montceau.

L’entreprise Perrin, spécialiste des chaussettes made in France, recèle en son cœur, depuis 51 ans, un salarié hors-norme. Gérard Renaud, Montcellien pure souche de 67 ans, arpente depuis des décennies les allées de cette entreprise familiale créée en 1924. Les moindres recoins de l’usine lui sont parfaitement connus. Gérard explique « Tout jeune, j’ai été apprenti photographe chez Froidure, rue de la République. Mon stage terminé, j’ai intégré l’entreprise de René Perrin le 1er mars 1967 comme apprenti surveillant en métier circulaire. J’ai dû, à regret, interrompre mon travail en 1970 pour effectuer mon service militaire.

A mon retour, c’est avec un bonheur indicible que j’ai retrouvé mon patron et mes collègues, une vraie famille. »

« Mais il est où Gérard ? »

Cet homme appliqué, assidu et disponible vaque de poste en poste, de surveillant à mécanicien, de réparateur en tout genre ou au bobinage parfois. Pas une journée sans entendre « Mais il est où Gérard ? » car il est l’incontournable du lieu. « Il a fallu appréhender les nouvelles machines et les nouveaux matériaux pour confectionner les chaussettes, les bas et autres collants, poursuit-il. Nous ne sommes plus à l’époque où il fallait changer les vieilles machines Comète. Quoi de plus évident que de se former aux dernières technologies quand on travaille avec passion, soutenu par un employeur bienveillant ? »

Au décès de René Perrin, en 1975, Guy Reynaud a repris les rênes de l’entreprise avant que sa fille, Martine Couturier-Reynaud en devienne présidente. Gérard Renaud termine « J’aurais dû arrêter il y a dix ans mais je n’ai pas la lassitude du quotidien. J’ai toujours la banane, prêt à chaque instant à transmettre le savoir-faire aux plus jeunes. Même si je partage ma passion du travail avec celle de la course à pied (j’étais capable de courir 100 km par semaine hors compétition le dimanche), je devrais m’arrêter avant mes 70 ans. Mon employeur me laisse libre d’interrompre notre étroite collaboration quand je le souhaiterai. Peut-être en fin d’année.

Ma petite-fille l’espère. »

Pascal Bonnardot (CLP)

Repère

  • Recrutement de dix personnes d’ici à début 2019

Depuis 2017 et jusqu’au début de l’année 2019, l’entreprise Perrin a pour objectif d’intégrer dix nouvelles personnes en production (tricotage et finition) ainsi qu’au sein des boutiques La Manufacture. Perrin SAS compte une centaine de salariés dont 75 dans les ateliers rue de Verdun, à Montceau.

  • Soutien de l’Etat

Depuis deux ans, L’Etat soutient Perrin dans sa politique de recrutement en participant au financement des postes de personnes en formation durant deux ans, durée nécessaire pour cerner « toutes les facettes et subtilité du métier », relate Franck Couturier, directeur commercial.

  • Points de vente et magasins

Les quatre marques de chaussettes Perrin (Berthe aux grands pieds, Dagobert à l’envers, La Chaussette française, Chaussette Perrin 1924) sont vendues au sein de 1 200 détaillants en France et 500 à l’étranger et au sein des dix magasins La Manufacture, apparus ces trois dernières années en France. La Manufacture de Montceau se positionne en temple du Made in France. Ouverte en 2015, elle accueille, en plus des chaussettes Perrin, des marques de vêtements produits en France.